Page des artistes 2023

Auteurs-compositeurs-interprètes
Musiciennes et musiciens

Silvia Malagugini

L’Italie lui a donné des racines, un amour de la voix, un goût prononcé pour les belles mélodies, une richesse des histoires et un sens de la théâtralisation. Avant d’installer sa carrière solo à Paris, elle fait ses armes musicales dès son adolescence. Des tournées dans les plus grands théâtres lyriques du pays avec le spectacle mythique « Bella Ciao » aux côtés de Giovanna Marini, deux années passées auprès de Dario Fo, le chemin est tracé. Silvia chantera sa vision brassée d’une Italie populaire et savante à la fois. Au nord comme au sud de la péninsule, le geste accompagne et traduit la voix. Une année à Vienne, pour y apprendre de la chorégraphe Rosalia Chladek la maîtrise de son corps, viendra compléter ses outils de création et assurer son exigence d’une expression artistique « totale ».
Paris, capitale de toutes les audaces culturelles, lui offre son premier grand rôle musical seule, sur la scène du Théâtre de Paris. La tradition populaire italienne lui donne l’occasion de mêler étroitement chant, danse et théâtre. Dans « l’Antro Magico », Silvia y incarne le rôle d’une femme, entre transe et douleur, pleurant son mari mort à la guerre. Le disque tiré du spectacle obtient le Grand Prix de l’Académie Charles Cros pour la chanson étrangère.
Commence alors un long et beau parcours musical où la passion des notes, des textes et des gestes, guide la chanteuse dans sa quête quasi permanente du « juste ». Les recherches musicologiques, les rencontres avec d’autres chanteurs et compositeurs, des séances de travail avec des metteurs en scène et chorégraphes, des réflexions avec des scénographes et concepteurs de lumières, Silvia explore, tente, fait et refait, jusqu’au doute et à l’accomplissement.
Chaque nouvelle création s’étire sur plusieurs années rythmées par les heures et les jours, les mois d’écriture, les répétitions et les tournées. A la fin des années 80, de sa rencontre avec le guitariste Roland Dyens, naît son CD, « La », comme la note ou la chanteuse. Après cette version « classique » de chants issus de la tradition italienne, elle inverse le courant dans « Puzzle » en s’adjoignant les services de musiciens issus du jazz, du blues ou du folk, parmi les meilleurs, Richard Galliano, Jean-Jacques Milteau, Michel Aumont, Renaud Garcia Fons... Ce sera la première des quatre participations de la chanteuse au Festival d’Avignon.
« La Pierre qui Chante », mélange de polyphonies sacrées et danse en 2D reproduisant des bas-reliefs romans, connaît un succès impressionnant. La tournée se termine à l’Olympia, consécration d’autant plus surprenante que le lieu n’est pas dévolu à ce type de spectacle. Ce final réunira sur la scène plus de 70 chanteurs, italiens, géorgiens, basques...
Toujours à la recherche de la fusion des genres et des cultures, Silvia se lance dans une audacieuse relecture du poème chevaleresque italien, "L'Orlando Innamorato", avec "Le Chant des Paladins", spectacle s'apparentant à un opéra populaire avec airs et récitatifs. Polyphonies sacrées et populaires accompagnent la gestuelle d'une danseuse, "homme-femme guerrière", qui s'inspire du "Teatro dei Pupi". Un narrateur illustre le spectacle, en permettant au public de surmonter la barrière de la langue.
Suivra « Mystères », largement inspiré du « Laudario di Cortona », autour du personnage de Marie, mère de Jésus, mais aussi femme, dans ses souffrances et ses joies. Les polyphonies sacrées ou profanes sont toujours détournées, appuyées en cela par une instrumentation pluriethnique.
Et comme pour un cycle de lune vague, dans le spectacle "Vaga Luna", Silvia fait encore parler, chanter, les femmes qui sont en elle: l’enfant, la jeune femme, l’adulte. Toutes profondément italiennes, humaines, disponibles quand il s’agit de créer, de transmettre, d’émouvoir. On découvre la chanteuse, accompagnée par la guitare de Maurizio Rinaldi, manipulant quelques symboliques accessoires. Dans la mise en scène dépouillée de Caterina Mattea, chaque chant est porteur d’un morceau d’histoire. De son histoire. Seuls quelques arrangements folk/blues/classiques sont là pour rappeler que la chanteuse est multiple de ses influences et toujours à la recherche d’un accomplissement artistique.
Silvia a consacré ces dernières années à l’élaboration d’un projet aussi ambitieux que novateur. Pour « Airs de Rien » elle fait appel au peintre vidéo-maker Tommaso Buldini, au compositeur Nicola Tescari et à Anne de Broca pour la mise en scène. Ces trois artistes de renom apportent une dimension supplémentaire au travail musical effectué par Silvia autour des chants. Pour ce faire elle s’entoure des voix de Joëlle Faye et de Roberta Trapani.
Discographie :
1987 “L’Antro Magico” (Polydor) Grand Prix de l’Académie Charles Cros du disque étranger ; 1990 “La” (Mélodie) - 1993 “Puzzle” (Auvidis) - 1996 “La Pierre Qui Chante” (Buda Musique) - 2003 “Mystères” (Buda Musique) - 2011 "Vaga Luna" (Buda Musique) - 2020 « Airs de rien » (disque en préparation)
Spectacles :
A Paris : l’Olympia, le Théâtre de Paris, la Comédie Caumartin, le Café de la Danse, la Maroquinerie, la Bellevilloise, l’Eglise Saint-Louis-en-l’Isle, l’Eglise Saint-Germain-des-Prés, l’Oratorio du Louvre, l’Eglise Saint-Merry, l’Eglise Notre-Dame-des-Champs...
En France : les Maisons de la Culture de Grenoble et de Rennes, le Théâtre de Saverne, le Festival d'Avignon (à plusieurs reprises), le Festival d’Art Sacré de Sylvanes, la Cathédrale de Lescar, Tréguier, Saint-Lizier, l’Abbaye du Relecq ...
Tournées en Europe, Asie, Canada, Ile de La Réunion, Guadeloupe
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